Parcours de blogueurs : Geoffroy Monde

Il y a de cela quelque mois, je plébiscitais sur ce blog le dessinateur NR pour le concours Révélation blog, dont il fut l’un des trois lauréats. En attendant son épisode (ou résumé) pour Les autres gens, prix qui lui est revenu lors de la proclamation des résultats, les occasions de (re-)découvrir NR sont plus que jamais nombreuses. Outre le fait que son excellent blog La dissonance des corps nous live régulièrement un des dessins absurdes dont il a le secret, les éditions Lapin ont édité en mars 2011 son premier album (http://editions.lapin.org/librairie/product_info.php?products_id=75), reprise d’une vingtaine de dessins publiés sur le blog.
Mais pourquoi nous parle-t-il de NR alors que le titre du « parcours de blogueurs » d’aujourd’hui est explicitement « Geoffroy Monde » ? Y aurait-il tromperie sur la marchandise ? Non pas : c’est en suivant l’actualité de NR que j’ai découvert Geoffroy Monde, qui publie, toujours en mars dernier, toujours aux éditions Lapin, toujours dans la collection « Idioties », son second album, Bastien Dessert (le premier étant Saco Pandemino, du nom de son blog, mais j’y reviendrais). De fil en aiguille et une chose en amenant une autre, Geoffroy Monde m’est apparu comme une proie idéale pour un parcours de blogueurs…

Peinture numérique, blog bd et lapin

Originaire de Lyon, Geoffroy Monde crée l’actuel blog « Saco : Pandémino » en août 2007, en même temps qu’il commence une carrière « d’artiste », pour employer un terme assez large pour englober la diversité de ses activités. Le blog en lui-même est la partie graphique de son travail. D’abord composées de dessins uniques délivrés sur un mode assez libre de carnet spontané – des juxtapositions de dessins uniques humoristiques, étranges, cette notion même de juxtaposition étant une caractéristique de son travail – les livraisons de « Saco : Pandemino » se stabilisent progressivement sur le dessin unique, puis occasionnellement sur des bandes dessinées, dont Bastien Dessert, ou, plus récemment, les aventures de Papa Sirène et Karaté Gérald. Ainsi s’agit-il d’un blog de pure création, où l’auteur ne se répand pas sur sa vie mais livre à un public attentif des extraits de sa production. En 2009, le blog de Geoffroy Monde rejoint le portail Lapin, cette porte d’accès vers de nombreux webcomics français et étrangers qui trouve son origine dans le strip Lapin de Phiip, responsable de ce portail qui devient en 2005 une structure éditoriale. Les éditions Lapin se destinent principalement à transformer en livre papier les webcomics qui paraissent gratuitement sur le portail, tel Lapin, évidemment, dès 2005, mais aussi Chef Magik de Sophie Guerrive en 2008, ou enfin des webcomics indépendants du portail Lapin tels Ultimex de Gad ou Le pipoloft de Wayne. En septembre 2010, c’est au tour de Geoffroy Monde de connaître la consécration de la collection « Idioties », principale collection des éditions Lapin, spécialisée dans l’humour absurde et la dérision nonsensique et trash, une des marques de fabrique du portail. Ainsi paraît Saco Pandémino, recueil de plusieurs gags du webcomics éponyme.
Il est temps ici de dire un mot de floraison d’humour absurde dans la production de bande dessinée en ligne. Parmi les thèmes exploités par la multitude d’auteurs présents sur Internet, il est à mon sens l’un des plus riches et des plus cohérents. J’entends par humour absurde toute tentative d’humour par la création d’un décalage avec la réalité, qu’il soit visuel, verbal, ou narratif, où le rire est provoqué par l’incompréhension et la transgression des limites du sens et du réel. Le rire ne vient pas d’emblée mais dans une seconde lecture ; un rire embarrassé face à ce dysfonctionnement momentané du langage et du sens des mots et des images. De nombreux webcomics ont su exploiter cette veine de la « sur-réalité », soit par des gags uniques, soit par des histoires plus construites. La plus célèbre de ces productions, qui oscillent entre l’humour gratuitement et inoffensivement idiot (dont Geoffroy Monde est plus proche, mais que l’on retrouve aussi chez Sophie Guerrive) et le recours à la cruauté comme expression extrême d’un absurde transgressif (Ultimex, par exemple), est Saturday Morning Breakfast Cereals, (http://www.smbc-comics.com/) de Zack Weiner connu en français sous le titre Les céréales du dimanche matin et traduit dès 2004 par Phiip. Le rôle du portail Lapin est sans doute essentiel dans cette éclosion de webcomics absurdes par l’influence américaine, puisqu’on y trouve aussi traduit Bigger than cheese de Desmond Seah (http://fromage.lapin.org/index.php) et le strip gore de Max Cannon, Red Meat (http://redmeat.lapin.org/), qui frôlent aussi parfois la catégorie de l’absurde. Ainsi, des dessinateurs comme NR, Gad, Sophie Guerrive, Geoffroy Monde, se sont spécialisés dans des strips à suivre ou des gags individuels fonctionnant comme un défi à la logique du monde. [edit : De sympathiques contributeurs ont mis en commentaires de cet article d’autres liens vers des blogs graphiques d’humour absurde que je vous invite à aller visiter.] On peut voir dans cette émergence de dessinateurs de l’absurde sur la toile, en France comme aux Etats-Unis, la poursuite d’une tradition d’humour graphique par décalage absurde présent chez des contemporains comme Glen Baxter, Philippe Geluck et Pierre la Police, mais, en remontant dans le passé, à une tradition tout aussi foisonnante et tout aussi internationale, dans les années 1950, que l’on pense à Roland Topor, Chaval, Ronald Searle, … Elle-même proche de l’inspiration surréaliste de la première moitié du siècle ou à l’humour insensé des « fumistes » de la fin du XIXe siècle. On voit là combien l’humour absurde, en apparence si fragile dans son manque d’accessibilité et sa sophistication, survit à l’évolution des techniques et de la diffusion du dessin. Il est tentant de relier tout et n’importe quoi à l’humour absurde, mais c’est une catégorie d’humour qui possède une tradition très forte, en général relativement isolé au sein de la création humoristique (du moins en France, car l’humour absurde est une proche cousin du nonsense britannique). Il faut le comprendre dans son objectif de défier frontalement, par la forme des images ou des mots, les logiques et le savoir qui façonnent l’esprit humain.

Si le blog « Saco : Pandémino » est la partie graphique de l’oeuvre de Geoffroy Monde, il ne la résume en rien. En réalité, le rire absurde est une composante de sa réflexion sur la réalité du monde et les limites de cette réalité, en terme de représentation et de compréhension. On s’amusera à le lire dans Le Tigre mondain, bulletin anonyme qu’il imagine en 2009 et qui est uniquement distribué dans des boîtes à lettres au hasard dans la rue (mais aussi sur Internet). Mais la partie la plus importante de son travail se fait bel et bien sur l’image, puisqu’il réalise également des tableaux à la peinture numérique que l’on peut admirer sur son site personnel (http://www.geoffroymonde.com/). Sa technique consiste en une impression très haute définition d’images produites à l’aide d’une tablette numérique, dans un style hyperréaliste. Geoffroy Monde a déjà occasionnellement exposé durant l’année 2010, notamment au salon d’art contemporain de Montrouge.
Une oeuvre picturale encore balbutiante, certes, mais néanmoins portée par une vision du monde et de l’Art, par une démarche expérimentale déjà définie, sans doute nourrie par les mémoires universitaires qu’il a réalisé. « En présentant des scènes d’un burlesque prononcé, d’un ridicule plat et d’une idiotie obstinée, je détourne simplement l’impuissance désolante de nos vies face au réel, en jeu d’une égale inconséquence. Présentées à l’esprit raisonnable, mes toiles absurdes obligent celui-ci, sans qu’il ait à se l’avouer pour autant, à réaliser qu’aucune règle de sens n’a réellement raison sur son contraire, que toutes les lois s’équivalent, par l’absence de légitimité en dehors du système dans lesquelles elles furent créées, et qu’il vaut mieux en rire un coup. ». C’est bien à la question de la représentation du réel et de la tangibilité des significations, visuelles ou langagières, que s’attaque Geoffroy Monde, et le nom de René Magritte circule souvent autour de son travail, par l’hyperréalisme et l’importance donnée au titre. Un peu plus loin, un entretien avec Valentine Oncins lui permet d’expliciter encore davantage sa démarche artistique. Il travaille sur les règles de langage et de sens, et sur le développement de « l’idiotie générale exprimée », sur le fait « de faire absolument n’importe quoi, de rire, de ne rien prendre au sérieux ». Ses tableaux sont des juxtapositions d’éléments en apparence absurdes, obéissant à des systèmes de pensées insondables et incohérents (un homme étrangle un veau à mains nues dans un cadrage qui pourrait être celui d’un film policier dans Meat is murder ; un autre homme enfonce une baguette de pain dans le mur rose d’une pièce vide dans Suaves). L’insignifiance et la désinvolture sont des éléments essentiels d’une démarche qui est de l’ordre de la dérision plus que de l’ironie, au sens où tout jugement, qu’il soit critique ou bienveillant, est annulé (il ne cherche pas à critiquer l’art conventionnel comme a pu le faire un mouvement comme Dada, lui aussi producteur d’images volontairement idiotes). A plusieurs égards, Geoffroy Monde a déjà commencé à jalonner son oeuvre de repères provenant de l’histoire de l’art occidental.

Sur-réalité en une ou plusieurs images

Les peintures de Geoffroy Monde et ses dessins, uniques ou séquentielles, font partie d’un même élan, et sa démarche artistique s’applique de la même manière aux deux domaines. L’objectif est de travailler sur des images qui s’affirment d’emblée comme absurdes et dépourvues de sens. Toutefois, si l’esprit est commun, il y a un fort décalage de style entre l’hyperprécision des peintures et l’aspect plus lâché, plus caricatural, des dessins. Ici, le dessin lui permet d’approfondir deux voies nouvelles moins présentes dans ses peintures : le langage et le récit. Si le second est encore proche de la tradition surréaliste de Magritte, le second est davantage constitutif de la bande dessinée, d’un travail narratif. L’évolution du blog « Saco : Pandemino » est manifeste vers une diversification de l’image à partir de critères narratifs. Mais, qu’il s’agisse d’histoires courtes, longues, ou de dessins uniques, l’enjeu est toujours d’explorer l’artificialité du réel.
Alors bien sûr, on trouvera sans trop de difficultés les éventuelles sources d’inspiration des dessins de Geoffroy Monde, les auteurs qui semblent faire partie de son univers mental. Lui-même les dévoile dans l’interview donné à Valentine Oncins, et fait jaillir les figures de Pierre La Police, dessinateur de la laideur et de l’absurde le plus exagéré dans son insignifiance (selon Geoffroy Monde : « Disons que Pierre La Police a ce côté amusant et en même temps qui fait forcément réfléchir parce que ça ne dit absolument rien, avec une esthétique très ratée et nulle. Il travaille énormément là-dessus et il y arrive très bien, enfin il y arrive beaucoup mieux que moi à ce niveau là. ».), et de Daniel Goossens, dont il est plus proche sur le plan graphique, et dont il admire la capacité à gérer aussi bien la qualité du dessin que celle des dialogues, toujours à la lisière entre le cliché romanesque identifiable et l’humour décalé.
Si la connaissance de ces deux auteurs travaillant dans le domaine de la bande dessinée, peuvent en effet venir enrichir l’analyse de ses créations graphiques, ce qui m’intéresse davantage est la manière dont Geoffroy Monde réinvestit et adapte son travail pictural (l’énormité absurde de la réalité) à un travail graphique, voire narratif. L’absurdité ne touche plus seulement aux images, mais aux histoires véhiculées par les images. Ainsi peut-on pointer différentes techniques, à partir de quelques exemples. La recherche d’une relation extrême entre le texte et l’image en est une, qui rappelle le surréalisme et la juxtaposition mot/image chez Magritte, mais, plus généralement, une tradition graphique du dessin absurde déjà citée. Dans « Les dictionnaires Larousse », la notion même de définition devient inutile, et Geoffroy Monde explore les potentialités de confusion entre canards et joggeuses. L’interdépendance image/texte est évidente, où le texte sans l’image n’est pas drôle, et où l’image sans le texte perd de sa saveur absurde. Parfois, c’est simplement par le dialogue que naît la parole absurde, comme dans le dialogue entre client et marchand de beurre de « Le plus dur ». Le langage relâché apporte à l’idiotie et la syntaxe est foulée au pied, enrichissant encore la densité comique d’un univers où les mots ne veulent plus dire grand chose, une technique présente chez Pierre la Police et Goossens. Au niveau du dessin, l’accent est mis sur les personnages de façon beaucoup moins impersonnels que dans les tableaux. Tourné vers la caricature, le style graphique de Geoffroy Monde confine au grotesque pour construire un monde peuplé d’êtres difformes, incohérents physiquement et verbalement. L’histoire qu’il a réalisée récemment pour les 23h de la bande dessinée, Le suicide ça sert à rien, plus trash que le reste de sa production, explore justement ce thème de la difformité, dans un surenchère de freaks.
Enfin, depuis la création de « Saco : Pandemino », Geoffroy Monde s’est de plus en plus intéressé aux possibilités de la narration absurde, un art porté au plus haut par Goossens qui se situe aussi sur le terrain de la parodie et des clichés. L’humour de Geoffroy Monde s’en détache un peu par une attention moins portée aux références cinématographiques et littéraires dont raffole Goossens (au jeu des références, on le rapprochera peut-être de Charlie Schlingo, un des maître de l’humour idiot). Les aventures de Karaté Gérald et Papa Sirène en sont une excellente illustration. Il ne s’agit plus seulement de dessins absurdes, de dialogues idiots, de personnages difformes (même si Karaté Gérald et Papa Sirène n’ont rien de très normaux) ; il s’agit aussi d’agencer les actions des personnages à l’encontre des règles de la vraisemblance scénaristique (ou plutôt selon un nouveau système où les personnages agiraient de la façon la plus stupide possible). L’épisode « La vogue » en est un excellent exemple, où le destin de Papa Sirène se transforme en une course insensée pour manger une glace à la fraise, et où il est question de glace chaude et d’eau tiède (l’eau étant un des thèmes récurrents des gags de Geoffroy Monde). A quoi s’ajoute une excellente gestion des couleurs qui permet de distinguer les différentes séquences narratives et de donner un vrai rythme à l’histoire.

Bastien Dessert : exploration d’un nouveau mode humoristique

En avril 2009, Geoffroy Monde commence à diffuser sur son site une histoire à suivre, Bastien Dessert, qu’il dessine avec Thomas Regnault. Ce sont ses premiers pas dans la narration qui reste ici bien plus classique qu’elle ne le sera par la suite dans les épisodes de Karaté Gérald et Papa Sirène, bien moins débridée, en tout cas, et davantage axée sur la parodie. La diffusion de l’histoire s’étend doucement jusqu’en juillet 2010 et, encouragée par le public du blog (Bastien Dessert a une page Facebook), qui vient d’être rejoint par le public du portail Lapin, elle paraît en album papier en février 2011 aux éditions Lapin.
Que raconte Bastien Dessert, habilement sous-titré La désillusion de Philippe Cave ? La description sur le site de l’éditeur en dit long sur l’absence totale de sens : « Bastien Dessert, vendeur de chaussures et amateur de plantes vertes, se retrouve embringué bien malgré lui dans une terrible machination, la machination Cerbal. Accompagné de Greg Perle, et grâce à Philippe Cave, leur taupe dans le système, nos deux amis vont tout faire pour infiltrer l’usine de pâtée pour chat responsable de tout ça, tromper le manager et découvrir l’atroce vérité… ». Elle nous indique aussi que Geoffroy Monde et son acolyte Thomas Regnault s’essayent à la parodie, une technique humoristique qui n’est d’habitude pas vraiment dans la panoplie du dessinateur. Et ce n’est pas désagréable de le voir quitter ces techniques habituelles pour aller vers autre chose. Nous sommes là dans la parodie de récit d’aventures policières, avec ce héros proche par bien des aspects de l’icône Tintin, ne serait-ce que par sa mèche frontale et ses manières de boy-scout, le récit exploite les clichés du genre. La cohérence de l’intrigue prime alors, mais les situations ne manquent pas d’absurdité, quand on sait que la machination Cerbal est à base de hyènes, de jambes de zèbre, et d’aliments pour chats. Et le personnage de Greg Perle, fidèle compagnon de Bastien Dessert et acteur talentueux, est là pour nous rappeler combien, dans ce monde qui est le nôtre, l’illusion domine le réel.

Pour en savoir plus :
Saco Pandemino, éditions Lapin, 2010
Bastien Dessert, avec Thomas Regnault, éditions Lapin, 2011
Une présentation de Geoffroy Monde à l’occasion du salon de Montrouge
Le site internet de Geoffroy Monde, où l’on peut admirer son oeuvre pictural
Le blog Saco Pandemino sur le portail Lapin
Lire Le suicide ça sert à rien, un récit réalisé pour les 23h de la BD
Lire en ligne Bastien Dessert, sur le blog Saco Pandemino

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Published in: on 19 avril 2011 at 21:32  Comments (3)  

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3 commentairesLaisser un commentaire

  1. Merveilleux article (et c’est pas parce que ça parle de moi à un moment, je le jure),
    merveilleux hommage à Geoffroy et à cette embryonnaire et ouvrière ligne éditoriale « Idiotie » de chez Lapin,
    et très intéressante analyse de l’absurde qui flotte autour de nous, en papier ou pas.

    A ce propos, si les délires de qualité dans le même style vous attire l’oeil, je ne saurais que vous suggérer d’aller jeter également un coup d’oeil du côté de chez Nicholas Gurewitch,
    une imagination et un style hors norme qui m’ont forcément/fortement influencé,
    ainsi que Edgar R. McHerly, qui s’en rapproche un peu.

    Découvert récemment, Du Sel sur la Plaie,
    une illustratrice et un auteur qui se renvoient tour à tout la balle dans un mélange doux-amer toujours très subtil. Le décalage est là aussi de mise.

    Et cette fois chez Lapin, pour finir, je me permets de signaler l’émergence toute fraîche et prometteuse de deux futurs grands absurdes :
    Erwan Poindron,
    et SebH.

    NR

  2. Meuh c’est gentil comme tout d’écrire autant de lignes sur moi et mes copains moches !
    Ça fait surtout plaisir de rencontrer quelqu’un qui comprend aussi bien mon travail. Quand on explore l’insignifiant on se demande toujours si ce sera signifiant pour d’autres.
    Heureusement que mon gentil éditeur Lapin m’a informé de l’existence de cet article ! C’est grand l’internet, les gars, j’aurais pu le rater.
    Maintenant je vais explorer ce blog.

    Noël, arrête de faire découvrir d’autres gens bien, après je les découvre et ils m’influencent et quand on me demande c’est qui qui m’influence j’arrive pas à dire tous les mots (même si on sait, qu’en secret, c’est moi qui influence tout le monde).

  3. La citation de Geoffroy sur Pierre La Police est essentielle, car c’est ce qui les sépare graphiquement : Geoffroy est un classique, comme Goossens. Chez Pierre La Police il y a davantage un travail sur la plasticité de la mocheté, alors que Geoffroy est pleinement dans le narratif pur, même dans ses toiles.

    Quant à Noël, il m’a semblé abandonner progressivement la maladresse au départ appuyée de son dessin pour ne travailler que sur le fond de son univers. À moins qu’il ait simplement progressé, mais je suis bien placé pour savoir que quand on se sent un peu limite on préfère assumer ces limites en les montrant ostensiblement, c’est plus simple.

    Tout ça pour enchaîner sur une pub pour les travaux de Vadim ( http://apokorunta.free.fr/blog/index.php ) et de moi-même ( http://devotreattention.canalblog.com/ ), qui me semblent explorer l’absurde sous un angle minimaliste et mi-volontairement maladroit (volontairement qu’à moitié, on peut pas faire autrement mais on en tire une potentialité).

    Bref, bravo pour cet article pointu qui rappelle que tout ne se vaut pas, que les blogs c’est pas un vaste ensemble de trucs rigolos qui font tous partie d’une grande famille, que la BD sur internet n’est pas toujours qu’un divertissement décalé à mettre dans le même panier qu’une vidéo de Norman ou une VDM, en somme que certains n’utilisent ce support que par défaut pour creuser leur voie créative dans laquelle ils expriment une inquiétude intérieure qui n’a que peu de chose à voir avec des rires niais.


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